Au fil des siècles et de l'épée, ils ont fait la France...
La bataille de Pourrières - 102 av. JC
Depuis 115 av. JC, les Cimbres et Teutons, peuplades germaniques belliqueuses et prédatrices, errent sur le sol de la Gaule, dévastant les régions les unes après les autres. Rome, afin de protéger Massilia, envoie plusieurs armées fortes de 40.000 hommes chacune et les hostilités s’engagent..Les Germains détruisent l’une après l’autre, plusieurs armées romaines fortes de 40.000 hommes chacune et poursuivent inexorablement leur invasion vers le sud.
Le général Marius, grace à des espions envoyés chez les Germains, surveille ceux-ci depuis deux ans en mûrissant sa stratégie, lorsque, en -102, l’opportunité tant attendue se présente.
Une bataille extraordinaire va alors se dérouler à Pourrières, près d’Aix en Provence (au pied et à l’est de la montagne Sainte-Victoire).
Le général Marius, à la tête de 35.000 légionnaires, va y cerner l’armée ennemie, à l’exact emplacement où il l’attend depuis deux ans, et où il a mis en place un dispositif défensif, qui se referme comme une nasse sur près de 150.000 guerriers.
Cimbres et Teutons se jettent avec furie et en désordre, contre la carapace formée par les boucliers romains. Les assaillants des premiers rangs, poussés par leurs arrières, viennent, les uns après les autres, s’embrocher par vagues successives contre les longues lances et les glaives du mince cordon de légionnaires. Ceux-ci, au coude à coude sur trois rangs, tiennent bon, malgré leur énorme infériorité numérique.
Après une journée de féroces combats, Pourrières est devenue un charnier : « le tombeau des Teutons ». Les pertes romaines sont faibles. Le génie militaire de Marius et la discipline romaine ont eu raison d’une armée quatre fois supérieure en nombre mais mal organisée et sans méthode, ce qui constitue un exploit stupéfiant à une époque où l’on n’utilise que l’arme blanche et la fronde.
Marius, après avoir poursuivi et traqué les survivants, les massacre au bord de la Durance, à Mala Mors (Mallemort). Selon la coutume, les légionnaires se partagent le butin et les femmes qui accompagnaient l’armée vaincue.
Marius et ses légionnaires ont bien mérité de Rome ; leur victoire inespérée va conditionner l’évolution de toute l’Europe et du monde chrétien au cours des siècles à venir.
Après cet épisode particulièrement sanglant, Jules César peut, en 58 av. JC, commencer la conquête de la Gaule.