La réponse des historiens divergent.
Le bon sens de ceux qui ont vécu cette pénible
expérience fournit des explications plus réalistes
que l’on ne peut pas passer sous silence :
Le contexte
intérieur indochinois n’était
pas favorable à une France en perte de prestige.
Les
dissensions intérieures françaises avaient
eu leurs répercussions en Indochine. Pourquoi avait-on « épuré » un
corps d’administrateurs et d’officiers qui
connaissaient bien le pays pour le remplacer par ceux qui
en ignoraient
tout.
En France même, les communistes, qui avaient
dès
lors pris fait et cause pour le Vietminh, étaient
un parti de gouvernement.
Reconquérir l’Indochine,
dans de telles conditions, était
une gageure
L’armée
française est engagée dans la guerre
L’armée française
est engagée dans la guerre.
Et pourtant, la France donne mission à son armée,
mobiliser de manière hâtive
et désordonnée, de reconquérir le terrain
perdu et d’éliminer les bases de la guérilla.
Malgré des réductions drastiques de crédits,
ce sont des renforts militaires issus d’une armée
victorieuse en Europe qui débarquent dans les ports
de Saïgon et d’Hanoï.
Combattants
Volontaires
Ce sont tous des combattants volontaires.
Avec
les meilleures troupes, constituées d’unités
de Légion, de Tabors marocains, de Bataillon de parachutistes,
de Troupes coloniales, d’Unités blindées
formées à la hâte, le Corps expéditionnaire
engage le combat avec l’ardeur d’une troupe sûre
de son succès. Les jeunes volontaires veulent être à la
hauteur de leurs aînés. Ils réussissent à reprendre
les points stratégiques principaux, en particulier ceux
qui verrouillaient les « Portes de Chine », tandis
qu’en France, cet engagement est l’objet
de toutes les calomnies.
Par exemple :
en 1948, il fut décidé que
les citations d’Indochine
ne paraîtraient plus au Journal officiel
en 1951,
le Gouvernement fit connaître que le sang
collecté par l’Office d’Hygiène
sociale ne servirait pas aux blessés d’Indochine,
ce
n’est qu’en juillet 1952 que fut votée
une loi donnant aux soldats d’Indochine le statut d’anciens
combattants.
Déjà la phrase de Bernanos prend tout son sens
: «
les jeunes Français ne préfèrent pas
les défaites aux victoires, mais ils ne se trompent
pas lorsqu’ils pensent qu’un héros n’est
jamais plus grand que dans le malheur ».
Parallèlement, la recherche d’un règlement
politique de l’affaire échouait. La France se
retournait alors vers l’ancien empereur Bao Daï qui
acceptait , en avril 1949, de se réinstaller à la
tête d’un Etat national du Vietnam auquel était
reconnu la souveraineté politique et militaire.
Le
conflit s’internationalise
La guerre froide
et la constitution des deux blocs militaires qui voient en
Asie se créer le pendant de l’OTAN,
sous le vocable de l’OTASE, la victoire des troupes
de Mao Tsé Toung et leur arrivée à la
frontière tonkinoise, la guerre de Corée naissante
et l’engagement des Etats Unis contre leurs anciens
alliés de cette partie de l’Asie, tous ces événement
vont bouleverser la donne et porter un coup très dur à l’engagement
français.
Les troupes du Corps expéditionnaire devront dès
lors faire face, non plus à une forme élaborée
de guérilla, mais à une guerre dite conventionnelle
avec un adversaire doté de régiments complets,
organisés, encadrés et équipés
d’armes lourdes en provenance de Chine et d’URSS.
Face à cette situation, le pouvoir politique français
sombre dans l’immobilisme. Le choix est pourtant clair
: aider le corps expéditionnaire avec des renforts
massifs ou terminer la guerre par un arrangement.
Les gouvernements
successifs n’ont pas le courage de
demander aux Français un effort supplémentaire.
L’échéance n’en sera que plus lourde.
L’indécision de Paris porte en elle le germe
des catastrophes futures.