This song saw the light of day a century after the saga of the Napoleonic armies, a period which, despite its bloody events, happens to have been the most thrilling era in the history of French armies, for they were called upon to defend France which was being threatened by a coalition of several foreign powers. Written after France suffered military defeat and lost Alsace and Lorraine following the 1870-1871 war, the song came out a few years before the First World War of 1914-1918.
Some see in it a symbol of revenge. But, it is all about paying reverence to the bravery of soldiers and the extraordinary crazy courage of all those who shed their blood for their fatherland, a price high enough to afford them the glory and immortality they now enjoy...
Lyrics by Armand Foucher – Music by Charles Helmer and Georges Krier 1906.
The painter Jean Baptiste Edouard Detaille has immortalized the "The Dream" with a 12m 2 painting, depicting a young recruit at a bivouac, in the XIX century, dreaming of his glorious ancestors.
The painting is on display at the Orsay museum, in Paris .
Le Rêve passe Paroles de Louis Bousquet 1914
Les soldats sont là-bas endormis sur la plaine,
Où le souffle du soir chante pour les bercer,
La terre aux blés rasés parfume son haleine,
La sentinelle au loin va d'un pas cadencé.
Soudain voici qu'au ciel, des cavaliers sans nombre
Illuminent d'éclairs l'imprécise clarté,
Et le petit chapeau semble guider ces ombres
Vers l'immortalité.
Les voyez-vous,
Les hussards, les dragons, la Garde,
Glorieux fous
D'Austerlitz que l'Aigle regarde,
Ceux de Kléber,
De Marceau chantant la victoire,
Géants de fer
S'en vont chevaucher la gloire.
Mais le petit soldat
Voit s'assombrir le Rêve,
Il lui semble là-bas
Qu'un orage se lève,
L'hydre au casque pointu
Sournoisement s'avance ;
L'enfant s'éveille, ému,
Mais tout dort en silence
Et dans son cœur le songe est revenu.
Les canons !
Les clairons !
Ecoutez !
Regardez !
Les voyez-vous,
Les hussards, les dragons, la Garde,
Ils saluent tous
L'Empereur qui les regarde.
Et dans un pays clair où la moisson se dore,
L'âme du petit bleu revoit un vieux clocher.
Voici la maisonnette où celle qu'il adore
Attendant le retour, tient son regard penché.
Mais tout à coup… Douleur ! Il la voit plus lointaine,
Un voile de terreur a couvert ses yeux bleus.
Encore les casques noirs, l'incendie et la haine,
Les voilà ce sont eux !
Les voyez-vous,
Leurs hussards, leurs dragons, leur Garde,
Sombres hiboux
Entraînant la vierge hagarde.
Le vieux Strasbourg
Frémit sous ses cheveux de neige;
Mourez tambours,
Voici le sanglant cortège ;
Bientôt le jour vermeil
A l'horizon se lève.
On sonne le réveil,
Et c'est encor le Rêve;
Les Géants de l'An deux
Sont remplacés par d'autres,
Et ces soldats joyeux
France… ce sont les nôtres.
Blondes aimées ! Il faut sécher vos yeux,
Vos amis, les voici.
Les voyez-vous,
Les hussards, les dragons, l'Armée,
Ils mourront tous
Pour la nouvelle épopée.
Fiers enfants
De la race
Sonnez aux champs
Le Rêve passe.