Reîtres,
Reîtres au cœur casqué,
Reîtres en proue d'équestres vagues,
Vous dont l'aorte est fourreau de vos dagues,
Vous dont la gorge est fourreau de vos cris,
Soyez les prêtres qui mettez en croix,
Qui délivrez l'âme de sa cuirasse
Et l'être de sa race.
Reîtres,
Garde à vous !
Gueux de la guerre,
Vous dont l'aorte est fourreau de la haine,
Vous qui d'escale en escorte,
Envahissez la plaine,
Qui d'alerte en cohorte,
Équarrissez ces cœurs incapables de battre,
Écartelez ces croix incapables de croître,
Incapables de Christ !
Vous qui portez la charge
D'accroître mon drapeau
Et mon bras justicier,
D'accroître mon drapeau dans le vent de l'histoire,
Vous,
Dont la victoire a transmuté le crime en gloire,
Mourez maintenant...
Pour que juste soit la cause,
Pour que parfait soit le crime,
Périssez pour celui qui n'est plus votre maître;
Crevez pour celui qui devient votre traître,
Celui qui bientôt vous fera disparaître
Ou comparaître pour crimes contre l'humanité,
Contre lui-même, contre moi !
Vous !
Vous qui doutiez que mes mots fussent des traîtres,
Vous voilà haïssables tels que je vous aime !