This very popular song was written in 1920 by a lyric writer named E. Dumont, while the music was composed by F.L. Benech.
It recounts the dreary life of a woman of easy virtue, as it used to be said then, and the solace she sought in cigarette. These economic cigarettes, known as "fags", were rolled by the smokers themselves using acrid pungent grey tobacco and cigarette leaves, bought from tobacconists.
A SEITA packet of roll-your-own grey leaf weighed 40 grams and could produce about fifty cigarettes. Deibler was the name of a line of executioners in France, whose mission was to guillotine those sentenced to death. This mission was handed down from father to son. Thus the Debliers, Joseph, Louis and then Anatole, successively served as chief executioners in top acts of justice for more than a century, from the 1830s to 1939, on the eve of the Second World War.
The song "Du gris" was sung by about a dozen singers: Berthe Sylva, Monique Morelli, Georgette Plana, Germaine Montero, Colette Renard, Simone Langlois, Marie-Paule Belle and Juliette.
The audio piece on this site was sung by Berthe Sylva, in 1931.
Eh Monsieur, une cigarette
Une cibiche, ça n'engage à rien
Si je te plais on fera la causette
T'es gentil, t'as l'air d'un bon chien
Tu serais moche, ce serait la même chose
Je te dirais quand même que t'es beau
Pour avoir, tu en devines bien la cause
Ce que je te demande : une pipe, un mégot
Non pas d'Anglaises, ni de Gouttes Dorées
Ces tabacs-là, c'est du chiqué
Refrain :
Du gris que l'on prend dans ses doigts
Et qu'on roule
C'est fort, c'est âcre comme du bois
Ça vous saoule
C'est bon et ça vous laisse un goût
Presque louche
De sang, d'amour et de dégoût
Dans la bouche
Tu fumes pas, ben t'en a de la chance,
C'est que la vie, pour toi, c'est du velours,
Le tabac, c'est le beau de la souffrance,
Quand on fume, le fardeau est moins lourd.
Y a l'alcool, me parle pas de cette bavarde,
Qui vous met la tête à l'envers,
La rouquine qu'était une pocharde,
À vendu son homme à Deibler.
C'est ma morphine, c'est ma coco,
Quoi ? C'est mon vice à moi le perlo
Refrain :
Du gris que l'on prend dans ses doigts
Et qu'on roule
C'est fort, c'est âcre, comme du bois,
Ça vous aoule
C'est bon et ça vous laisse un goût
Presque louche
De sang, d'amour et de dégoût,
Dans la bouche
Monsieur le Docteur, c'est grave ma blessure?
Oui je comprends, il n'y a plus d'espoir
Le coupable, je n'en sais rien, je vous le jure
C'est le métier, la rue, le trottoir
Le coupable, ah je peux bien vous le dire
C'est les hommes avec leur amour
C'est le cœur qui se laisse séduire
La misère qui dure nuit et jour
Et puis je m'en fous, tenez, donnez-moi
Avant de mourir une dernière fois
Refrain :
Du gris, que dans mes pauvres doigts
Je le roule
C'est bon, c'est fort, ça monte en moi
Ça me saoule
Je sens que mon âme s'en ira
Moins farouche
Dans la fumée qui sortira
De ma bouche.