Ce sont les sept ans de la guerre d'Algérie qui ont permis de définir les concepts qui font l'ALAT d'aujourd’hui.
Les opérations aéromobiles, associant les hélicoptères transportant des commandos, les hélicoptères de reconnaissance, les hélicoptères armés chargés de leur protection, les hélicoptères sanitaires, les hélicoptères de commandement, avaient fini par démontrer toute leur efficacité.
Les commandants d'opérations ont fait part de leur satisfaction: le colonel Bigeard, commandant le 3ème régiment de parachutistes coloniaux, le lieutenant colonel Jeanpierre et le lieutenant colonel Dufour, commandants du 1er REP, ont admit volontiers que les opérations ont eu un rendement exceptionnel grâce à l'utilisation des DIH.
En 1960, au départ de Crespin, la preuve était faite que l'armée de terre pouvait déployer des aéronefs sans l'intervention de l'armée de l'air.
Le combat aéromobile
Après la guerre d'Algérie, la marine nationale a recentré les missions de ses hélicoptères sur le Search and Rescue ainsi que la lutte anti sous-marine et l'armée de l'air sur le secours et la reconnaissance; celle ci emploiera toutefois des Pumas "Pirate" au Tchad.
Au sein de cette structure, l'aviation légère de l'armée de terre va désormais pouvoir utiliser le savoir-faire acquis lors de la guerre d'Algérie. Les pilotes d'hélicoptères, confrontés à un environnement hostile de type guérilla, utilisaient alors, intuitivement, les qualités de leur merveilleuse machine et notamment la rapidité, le vol prés du relief et le « touch and go » pour les largages de personnels dans les zones de combat. Ces techniques de pilotage, intégrées aux nécessités des missions de combat, débouchent sur le concept du vol de combat moderne, destiné à rechercher et détruire les unités blindées adverses.
Le vol de combat
Les pilotes pratiquent le vol tactique. Ce type de vol utilise la portion d'espace comprise entre 0 et 50 mètres d’altitude; le vol est autorisé entre les obstacles (arbres, maisons) et sous les obstacles (ligne électriques haute tension, ponts). La vitesse, adaptée en fonction des dangers et de la distance d'arrêt visible, varie de 0 à la vitesse maximale de l'appareil (jusqu'à 270 km/h).
A gauche: Cougar - A droite: Puma - Au fond: Gazelle canon
Le pilotage de base est enseigné à l'école de spécialisation de l'ALAT basée à Dax et le pilotage de combat s'apprend au Luc en Provence, à l'école d'application.
Le 5ème RHC, basé à Pau, est le régiment de réserve générale. Il participe à toutes les opérations extérieures des années 1970: Tchad, Mauritanie... Un sixième RHC peut être mis sur pied en cas de mobilisation: c’est le 4ème RHC, formé à partir des éléments de l'école du Luc. Deux GHL participent à l'aide au commandement dans les régions militaires de Bordeaux et de Lyon.
Le souci constant de la permanence des appareils sur les zones d'intervention impose la découverte de nouveaux savoir-faire.
A partir de 1994, l'école d'application de l'ALAT réunit les deux écoles de Dax et du Luc. Dax forme les pilotes ab initio ainsi que les pilotes de nuit équipés de jumelles de vision nocturne, permettant le vol de nuit à une altitude de 50 m.
Le Luc forme les tireurs au canon et aux missiles AC et AA, ainsi que les pilotes de Puma et Cougar. C'est aussi dans cette école que les futurs chefs de bord et de patrouille, et les commandants d'escadrille apprendront leur métier.