Comme toutes les corporations, les militaires possèdent un jargon qui leur est propre : il peut paraître obscur voire complexe à un novice.
Toutefois, ce langage, assez codifié, possède des règles assez simples, ainsi qu'un vocabulaire particulier, dont nous allons essayer d'apprendre les bases.
Pour se perfectionner, il faudra se référer au " TTA " qui n'est pas la Tubérosité Tibiale Antérieure mais le Texte Toutes Armes qui constitue la bible du militaire.
Enfin, il est conseillé de faire un stage linguistique pour s'immerger totalement dans la langue et la culture militaire.
En effet, ce langage est uniquement parlé, il n'est que rarement transcrit par écrit.
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Les verbes
Chouffer : (de l'arabe chouf) surveiller
Se poster : se planquer dans les bois sous la pluie avec au moins un genou à terre.
Grailler : au départ approvisionner son chargeur ; par extension, manger
Psychoter : hésiter, exécuter une tâche de manière peu coordonnée
Percuter : Tout comprendre du premier coup. Exécuter un ordre ou une mission parfaitement.
L’inverse de psychoter. Ex : « bon, les couilles de loup, va falloir percuter, là. AFFOLO ! »
Faire FOMEC : Disparaître.
Les noms d'usage
les bastos : les munitions
les kékés : les fourrés
un consultant : un malade
un exempté : un malade ou un blessé
une permission : des vacances
la cohésion : l'esprit de groupe
la popote : le repas, ou le lieu où on le prend.
Peut désigner un endroit aménagé pour les activités de cohésion
(ex : pour un arsouillage de groin à la popote compagnie, pas besoin de se pointer en Peks).
La fête du slip : en clair le bordel, l'anarchie
Les diapos (grades de poitrine du même nom que les photos réduites).
Fumer un cigare : Se faire engueuler
(surtout en exercice dans la Légion avec en option, "explication des gravures").
Aux taquets : Etre prêt.
Daï daï, davaï, (phonétiquement daille, davaille) ou fissa fissa, s'exécuter, faire très très vite !
Guetguet : impeccable.
Tailler la route : partir
Crapahuter : marcher longuement et péniblement.
Les mots proscrits et à éviter
Ce à quoi le débutant doit faire le plus attention, car il est facile de se tromper.
"Excusez-moi", "pardon" : on ne s'excuse jamais dans l'armée. Au cas où, utiliser "autant pour moi"
"Pourquoi ?" : ce mot n'existe pas, oubliez le.
"Réfléchir" : à utiliser avec modération car "réfléchir, c'est désobéir" (mais vous pouvez analyser, ou procéder à une MRT)
"Logique" : notion inexistante, sauf dans le cas d’une MRT.
"Informer" : à utiliser vers ses subordonnés, sinon utiliser "rendre compte"
"OK" : reçu. Carré l’affaire, rasse.
"Percevoir" : Vite aller chercher.
Réintégrer : Vite rendre.
Exemple de conversation entre un sous-officier et un homme du rang.
Tiens, toi, Machin, as tu vu Truc ?
Négatif chef, il a fait fomec après la perception des brêlages (bretelles) !
Va me le chercher, gros boeuf, et ne t'arrête surtout pas au palais des gourmandises.
Tu viendras me rendre compte à la semaine, bien pris? (enregistré)
Oui chef, mais si je ne le trouve pas ?
Ecoute couille de loup, tu te démmerdes et tu me le ramènes, vu la diapo? (galon de poitrine)
Affirmatif, je vous le ramène.
Allez daï daï, fais un peu fumer tes rangeos et sors toi les doigts du cul.
Affirmatif chef (à vos ordres).
Bon là, il faut à tout prix que Machin ramène Truc sinon, il va fumer un cigare !